T’as voulu voir Hambourg…

Bah ouais. On a voulu voir Hambourg. Rassurez-vous, ça ne veut pas dire qu’on ira voir Vesoul.  Mais il est vrai qu’à la suite de plusieurs articles louangeurs et de bouche à oreilles bien placé, nous avons embarqué (après un vol annulé- en Belgique, nothing goes as plan-ned, surtout à l’aéroport) pour les rives de l’Elbe, l’Alster, ses docks en briques, ses quartiers bobo, ses baskets fluo et son port un peu megalo.  Alors ? Hambourg Barbour ou Hambourg glamour ? Hambourg, toujours.
      DSCF3709     Ne parlant pas allemand, partir à Hambourg, c’est l’aventure, un peu genre « voyage en terre inconnue », Frederic Lopez et Muriel Robin en moins.  Heureusement, entre ausgang, kartofel, S-Bahn et currywurst, on avait le kit de survie ad minimum. Hambourg battant et battant le pavé germanique, on a donc déambulé durant 36 heures le nez au vent entre Altona, Hafencity et Saint Pauli, soooo multi-culti.  Ich bin ein Hamburger.

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A Hambourg, ça réhabilite biloute ! Première halte à la sortie de Sternchanze, du côté de Lagerstrasse, chez Bullerei. C’est au sein des anciennes halles que le famous chef Tim Mälzer (un pote de Jamie Olivier pour vous situer la médiatisation locale de la personne) a élu domicile. Havre de boboïtude affichée (vélos, bougies et bouquets de fleurs fraiches à l’entrée), on y trouve autant de chaises hautes pour mini gastronomes que de chaises basses pour parents baba. Le reste est nappes à carreaux à gogo, coussins Liberty,  vaisselle ancienne et staff ultra friendly. Pour peu que vous arriviez à déchiffrer la carte (réfléchissez avant de prendre anglais première langue en 6eme), on y boit du thé glacé maison à la rhubarbe et aux airelles, de la limonade au sureau ou de la  bière bio. Point de vue manger, c’est dans la même veine de simplicité, sur une base de légumes ultra frais, ultra goûteux, uber tasty.

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C’est simple mais on ne demande ni plus ni mieux. On s’est donc laissés tentés par le sandwich de rosbif et la salade d’avocat au fenouil avant d’aller explorer les hauts de Karolinenviertel, quartier tendance où boutiques de fringues et designer se disputent le mètre carré de trottoir.

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Traversant un marché aux puces impromptu avec une légère frustration (non, ces chaises en formica ne passeront jamais en cabine), on est arrivé dans le centre historique de la ville, Rathaus and co. Oui, impressionnant. Suivant ? Next sur la liste et véritable point d’intérêt de la ville, les canaux de l’Aster autour desquels s’est développé le quartier des docks, le poumon commercial de la ville à l’époque où Hambourg a rejoint l’union douanière allemande, devenant la plaque tournante des épices, le dealer de curcuma de l’Europe du Nord, le canal officiel de la cannelle. Bon après, ça a été moins rose pour la ville : cholera, grèves (forcément, qui dit dockers dit grève at a point in time) bombardement en 1943, crue de l’Elbe en 62 et toutes chose étant égales par ailleurs, défaite pour la candidature des JO 2012 face à Londres.  A votre guise, vous pourrez jeter un coup d’œil au musée des douanes ou bien plus simplement vous perdre dans le labyrinthe des bâtiments rouges, ça casse des briques.

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De retour au nord de la ville après la ballade réglementaire en bord de mer du Nord jusqu’à Landungsbrucken- vin chaud inclus- on n’a pas pu s’empêcher de pécher, gastronomiquement. On est donc rentrés chez Schmitt Foxy Food, le Burger King de la currywurst et des golden fries. Oui, on a eu honte, mais parfois, c’est bon la honte.

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Ne nous voilons pas la face comme on dit à Turin. Les Allemands aiment les saucisses. Derrière cette idée reçue à l’emporte-pièce se cache une vérité vraie. Non seulement ils les aiment, mais ils savent les apprécier.  Nous aussi on adore les saucisses. Nulle part ailleurs qu’en Allemagne vous ne vous verrez offrir un tel choix. Et c’est à l’air ahuri du Monsieur quand on a demandé avec un grand sourire «une bradwurst  svp» qu’on a compris que l’Assimil avait été un peu short sur ce coup-là. Le terme générique ne vaut que pour les néophytes de la saucisse, les amateurs vont plus loin, détaillant la viande, la finesse de la coupe, la région d’origine…  On s’est vite repris en demandant avec un aplomb non dissimulé, le menu « Klassik » – avec coca-light tout de même. Au moins, on ne prenait pas de risque et on a pu savourer debout au comptoir et à même la barquette des frites brulantes et une saucisse nappées de sauce brune pailletée de poudre de curry  (note pour plus tard : se procurer la machine à découper les saucisses en rondelles. Elle doit surement être médaillée du concours Lépine). Une certaine forme de réconfort en fait.

Après une bonne et trop longue nuit de sommeil et de digestion, on est malheureusement arrivés à la fermeture du fishmarket d’Altona, landmark s’il en est d’un week end hambourgeois sous le signe du poisson (normal, nous sommes fin février). Chaque jour  dès potron-minet s’y vend la pêche de la nuit dans une ambiance localo-bruyante. Dommage.

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On a remplacé par la visite du quartier « chaud » de Saint Pauli, célèbre non seulement pour son équipe de foot et son maillot noir et blanc mais aussi pour avoir vu des milliers de jeunes gens, y compris John Lennon RIP (info ou intox ? ) devenir des hommes et trouver réconfort dans des bras obligeants, pour le plaisir comme disait le grand Herbert Léonard. Mouais, pas si transgressif que ça le quartier à 11 heures du matin…

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Bref, on a ensuite embarqué dans un esquif motorisé pour une visite in extenso du port, dédale carrément monstrueux de porte-containers, de transporteurs métalliques et d’autres grues de taille de convoi exceptionnel.  C’est carrément impressionnant. Non seulement le paysage, mais aussi la facilité qu’ont les passagers à trinquer à la bouteille de Flensburg. Résultat, le bateau tangue mais l’ambiance est excellente !

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De retour à bon port, on a arpenté la Grosse Elbestrasse, humant les odeurs et enviant les convives en terrasse, dégustant harengs et autre poissons frits. Il nous restait encore à parcourir le front de mer jusqu’à Altona, le quartier des grossistes d’où, entre port et entrepôt, est sans doute parti le bar ou la dorade que vous avez servi dernièrement après les verrines et avant le tiramisu.

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On n’a pas voulu quitter Hambourg sans une halte à Omas Apoteke , le café du coin qui buzz pour le brunch du dimanche. On n’y sert pas de la haute gastronomie, mais cette ancienne Pharmacie a un côté PMU bienvenu. Le service est juste parfait, l’Astra est fraîche et les habitués viennent engager la conversation : «  I wish you many very lucky hours ». Ça ne pouvait pas tomber mieux. J’ai dit merci beaucoup. Hambourg, I’ll be back.

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Bullerei,  Lagerstr. 34 B, Schanzenviertel, www.bullerei.com
Omas Apotheke , Schanzenstraße 87
Et pour dormir : Hotel Superbude, www.superbude.com

Quand : Quand vous voulez. Quand il fait beau, c’est mieux. Mais quand il pleut, ça a aussi son charme

Avec qui : votre peche du jour

A vos pieds : des birkenstocks

Dans votre ipod : C’est à Hambourg, Edith Piaf

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