T’es ok, t’es bath, t’es in….t’es Bones!

Tandis que d’autres suent sang et eau dans la queue des catacombes, allez donc plutôt promener votre carcasse du côté de la rue de Charogne, pardon Charonne. En réservant chez Bones, vous ne l’aurez pas dans l’os : on touche au sublime dans la (dé) composition.

Bones. Drôle d’endroit pour une rencontre, drôle de nom pour un restau.

On a longtemps rongé son os avant d’obtenir une table d’examen: tibia, t’iras pas ? Fibula, fabulera pas ? D’humeur humerus ? Culbuto après cubitus ? Et Félicie os-sie ? Ossement d’épaule…. Après avoir cogité à en avoir mal au crâne, on s’est rendu sur les lieux sans pour autant passer de blouse blanche. Charnier carnassier ou pas, on n’a pas mis de gants. L’anthropologie culinaire se passe de dress code.

Rachel Khoo

Rachel Khoo

Bien loin de Palerme et des anciens abattoirs de la Villette, James Henry talentueux passé par le Passage avec brio (avec qui ?), dissèque derrière son comptoir une cuisine à réveiller les mors et les mœurs. Des laitages pour le calcium, des fruits de mer pour le zinc et les omégas 3, de la viande pour le fer, des légumes pour la bonne mine et des arrangements lumineux pour capter la vitamine D : ingrédients parfaits pour accrocher la (bonne) chère au squelette d’un menu en six services.

Le lieu est brut, sombre. Peinture écaillée, tables dépareillées, chaises un peu bancales ambiance patronage. Dans à peine 80 mètres carrés, les Bones boys ont réussi à créer des ambiances différentes : amateurs pressés debout au bar picolent et picorent quelques tranches de magret de canard, tandis que près des marches, convives patients trinquent en attendant qu’une table se libère : plutôt mourir que de perdre sa place. Les chanceux, eux, font siège et se délectent du menu multi-plats de l’ami James comme si c’était leur dernier repas. Pas question de ne pas faire de vieux os.

@Figaroscope

@Figaroscope

Le beurre maison mériterait à lui seul une élégie en hexamètres, le pain, en pentamètres. On retrouve ensuite la prose du discours grâce aux amuses bouches: les coeurs de canard aux épices indiennes resteront dans les mémoires. Le rythme reprend: coquilles Saint-Jacques crues au lait Ribot, lieu jaune en cuisson basse température et cochon de Bigorre quasi cru. Carnassier on vous dit!

S’il vous reste encore de l’appétit et une peu d’(o) raison, ne vous torturez pas à pousser le fromage aux oubliettes, histoire de vous faire conter fleurette par une brebis irlandaise et une chèvre angevine dont on mènerait volontiers le troupeau. Nous, on a aimé.

On a ensuite un peu tiré sur la ficelle de Fleury (un peu beaucoup en fait), mais on se souvient tout de même du dessert (si, si), surprenant sorbet de lait de chèvre sur lit de carottes, sainte crème pour dernier sacrement avant l’addition.

On a fermé les yeux. Les trompettes raisonnaient. C’était drôlement bon.

Où : 43, rue Godefroy-Cavaignac, 75011 – +33 9 80 75 32 08

Quand : pour célébrer le week end  et le Carnaval

Avec qui : Charles Baudelaire, Temperance Brenan, le Père Lachaise, Pierre Tombal

A vos pieds : le paradis, des chaussettes comme les Beatles sur Abbey Road, des Havainas la prochaine fois

Dans votre ipod : Le dîner, Bénabar

3 Commentaires

  1. hello
    vous connaissez l’homme sur la première photo, à droite avec presque pas de cheveux et des lunettes ?
    il me rappelle quelqu’un
    merci pour votre aide

  2. Non, mais il a un faux air de Maxime Le Forestier, non?

  3. Merci Juliette,
    il parait que nous avons tous des sosies…
    en tout cas ce n’est pas moi, je ne suis pas encore allé chez Bones

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