Braisenville : le retour de flamme

Au moment de réserver, la tentation était bien grande de demander : « est-ce que tu braises ? « . On s’est pourtant retenu pour ne pas jouer avec le feu. Oui, bien sûr, ils braisent, et plutôt deux fois qu’une. C’est justement le concept de ce restaurant à la décoration un peu (trop) épurée du bout de la rue Condorcet, mais aussi son facteur différenciant des autres tables à tapas gourmands du moment. Les viandes ne sont ni poêlées ni confites, mais saisies par la chaleur du feu de bois – avec des marques « comme au restaurant ».

Braisenville (14)

Le Braisenville, c’est le Courtepaille urbain façon « flamme je vous aime ». Trente ans en arrière,  on y aurait presque été prête à y jouer les flammes au foyer. A table, les bobos parisiens en manque de barbecue estival viennent s’en griller une ou deux tandis que derrière le comptoir, le maître du feu en joue habilement pour satisfaire vos papilles et vos plus bas instincts de pyromane en puissance. Les braises se consument pendant qu’on vous tend le menu. Feu vert, on accélère.

Braisenville (1)

En réalité, les braises ne jouent qu’un rôle limité au cours du repas, un peu comme Henri Guybet dans un film de Louis de Funès. Mais que diable, ne nous arrêtons pas au générique. La carte est assez resserrée : une vingtaine de « raciones » réparties en entrées, poissons, viandes et desserts. Apres quelques hésitations car « souvent flamme varie… », notre choix de plats est noté par M. Braise puis notre menu composé est servi dans une succession qui respecte les saveurs, afin de ne pas jouer les chiens dans un jeu de grilles.

 Braisenville (2)

En apéritif, le jambon blanc à la truffe, tranché comme du papier à cigarettes, est aussi fondant qu’un Quality street, l’emballage en moins. On poursuit par le ceviche de bonite à la patate douce très rafraîchissante, puis les encornets à la courge butternut, mangue et citron vert, petits feux follets dans une assiette colorée. Le repas s’achève par le magret de canard aux pickles de shiitake, poires et miso, joli détour vers Hiroshima, mon amour. On restera muet sur les desserts, n’ayant que peu d’appétit après un déjeuner roboratif…

 Braisenville (5)

La carte de vins propose des vins de « terroirs et d’exception ». Terroirs, hopefully. Exception, ça reste à démontrer. Notre esprit aventureux nous a fait opter pour un vin blanc serbe, qui malheureusement dans le feu de l’action, est passé à l’ennemi, du côté des rouges… on a pris ça pour un hasard de l’histoire.

En conclusion, le Braisenville est une flamme actuelle, une adresse qui depuis 18 mois va son petit bonhomme de chemin en comptant sur le bouche à oreille pour faire tourner les têtes. Le concept intimiste fonctionne plutôt bien, c’est fashion tout en étant friendly, mais c’est un peu cher pour ce que c’est, le soir en tout cas, car le midi, le Braisenville s’affranchit de toute comptabilité pour proposer un lunch à 20 euros.  Le Braisenville : ne le laisse pas tomber, c’est une flamme libérée.

Où : 36, rue Condorcet 75009 Paris – 09 50 91 21 74

Avec qui : Capitaine Flamme, Blaise Cendrars, le grand tisonnier, votre ex flamme

Quand : à votre retour, pour un départ

A vos pieds : des campers

Dans votre ipod : Johnny Halliday, Allumez le feu

2 Commentaires

  1. Le menu déjeuner est à 19 euros 😉 et c’est une excellente affaire sur la capitale.

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