O’Breizh : je ne Groix que ce que je vois

  Seul phare éclairant ce 8ème désespérément gris et calme après 20 heures, O’Breizh est un finistère goûteux à deux coups de rames de la place Beauvau, un bloc de granit posé entre Gaveau et l’UMP, bref, une étoile pour le marin d’eau douce parisien en manque de nuit armoricaine. Le Breizh en ville est à la mode. Suivons là rue de Penthièvre, un nom qui tombe plus que bien pour ouvrir cette cantine / épicerie fine estampillée Tregor. Ca nous évitera toujours un aller-retour en TGV.

On a beau être à deux pas de la rue la Boétie, pas de combat de chefs en cuisine. Seul derrière son comptoir, André ne reste pas les bras en croix. Il se démène, écaille, décoquille, décortique ses mollusques tout en jetant de temps en temps un coup d’œil malicieux derrière son épaule pour vérifier qu’on apprécie ses produits autant que lui les chérit : thon fumé de Quiberon, ormeaux tout beaux, filet de bar, homard bleu, saumon mi-cuit mi-fumé, tartare d’algues, rillettes de l’île de Groix…. mmmh de quoi menhir de plaisir.

 

Le Capitaine André vaudrait le crochet à lui seul. A la barre de son esquif urbain, André porte la marinière réglementaire et des bottes Aigle. Ne manquent que la pipe (merci M. Evin) et le ciré pour faire de ce loup de mer au sourire colgate, une icône de one man chaud. Mi-griot mi-matelot, André est prolixe. Il entame volontiers la conversation pour vous conter sa Bretagne comme si vous y étiez. Du chalutier qu’il appelle par son prénom aux ouvrières de la sardinerie, il y connait du monde et s’amuse allègrement au name dropping régional.

 

Le menu à peine tendu, il vous dit qu’il faut prendre les Saint-Jacques. Euh…oui, mais là, on avait plutôt envie d’huitres en fait… « Mais l’un n’empêche pas l’autre » dixit André, en portant une coquille ultra frâiche en teasing…excellente. Deux douzaines de fines de claire et une bouteille de côtes du Giennois plus tard, on fait salon en comparant nos adresses parisiennes et les découvertes de Dédé : le dernier né des beurres Bordier (un beurre de brebis très surprenant – so hype), une huile de homard pour les fêtes et l’incontournable « curry Gosse » du nom de l’apothicaire lorientais qui l’aurait découvert (uniquement disponible en pharmacie à Vannes…avis aux voyageurs).

En sortant, on ne sait pas si on a préféré les fruits de mer ultra frais ou la rhétorique de Dédé la sardine. Mais on est sûrs d’avoir passé un excellent diner-spectacle et découvert une pépite dans notre ruée vers l’Ouest parisien. La France a au moins un incroyable talent.

Où : rue de Penthièvre, 75008 – 01 42 56 27 32

Quand : aux grandes marées, le midi pour l’ambiance Yuppies, et le soir parce que c’est ouvert, y compris le lundi

Avec qui : Arnaud Montebourg, Olivier de Kersauzon, le capitaine Haddock

A vos pieds : de bensimon lacées

Combien: 30 euros par personne

Dans votre ipod : Bretonne, Nolwenn Leroy

www.obreizh.com/

2 Commentaires

  1. Ca m’a donné envie de me mettre aux huîtres & co ! Je n’en mange pas mais le thon fumé, le bar, le saumon mi cuit mi fumé, la salade d’algue…… tout ça me donne très faim !
    Super article, j’ai adoré 😉

  2. Merci Déborah!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :