La Cantine du Troquet Dupleix: bonheur en cuisine mais cauchemar en salle

Adeptes des programmes de seconde partie de soirée de la petite chaîne qui a fini de monter, vous avez déjà sûrement croisé Philippe Etchebest, ce chef à la carrure de pilier qui sillonne les campagnes françaises au secours de restaurants désertés de tous sauf des inspecteurs de la DGCCRF… Eh bien dans la famille Etchebest, je demande le frère, Christian, talentueux cuistot formé chez Constant-époque-pré-Top-Chef, qui loin de la lucarne, va sans tituber de Troquet en Troquet ouvrir des bistrots de potes qui dépotent.

Après le Troquet (ex-Pudlo du Bistrot de l’année) et la Cantine du Troquet, deux succès story bistrotières rassurantes, CE a mouillé à nouveau son maillot en investissant un coin du boulevard de Grenelle. Infra métro aérien, la Cantine du Troquet Dupleix ravive cette partie du 15ème qui en avait bien besoin en offrant aux licenciés du quartier, un stade français ad hoc pour une 3ème mi-temps de capitaines. Ici, on ne presse pas les citrons, mais on se presse à 9, 13 ou 15, car le jeu dans l’assiette en vaut vraiment la chandelle. En revanche, en salle, on frôle le carton jaune et l’exclusion temporaire. Le service, négligé et parfois même désagréable, pousse à renvoyer la Cantine dans ses 22 mètres. A être traité par-dessus la jambe et regardé par-dessus l’épaule, on en viendrait presque aux mains.

Les hostilités commencent avant même le coup d’envoi, car la Cantine ne prend pas de réservation. Résultat, on patiente au bar en compagnie d’un Bandol blanc un peu quelconque dans un joyeux brouhaha…d’abord gentiment puis un peu moins à mesure que la grande aiguille fait son chemin. Tic tac tic tac… ça continue encore et encore, et c’est que le début d’accord, d’accord ? Bah non. On a failli partir, et puis miracle une table…de deux…pour trois. Ensuite, on a demandé la carte, puis des fourchettes, puis des couteaux, puis des verres, puis des serviettes. Bref, on a mis le couvert, et on a failli lâcher la cuillère.

Une fois servi, on a retrouvé le sourire. Couteaux à la plancha aux ciboules et olives, thon mi cuit au tétragone, onglet parfait, frites de haut de classement, turbo sauvage très bien maîtrisé… C’est vraiment bien joué de la part d’Etchebest. Au dessert, l’influence basque se fait plus évidente. Le gâteau du même nom est parfaitement humide,  et dans la poêle, les cerises noires charnues en mêlée ouverte sont précisément sucrées sans être écœurantes. L’essai est bel et bien transformé.

L’addition expédiée (40 euros par personne, Irouleguy compris), on file tout de même un peu chagriné que les 15% du service et les 200 décibels de la salle l’emportent sur la qualité des produits et sur la loyauté de l’assiette. Et si Philippe venait donner un coup de main à la Cantine du Troquet en seconde partie de soirée ?

Où : 53, bd de Grenelle, 75015 – 01 45 75 98 00

Quand : dès 7 heures du matin pour le petit déjeuner, et jusqu’à tard en soirée pour le reste

Avec qui : une armée de patience, un arbitre des élégances, une béarnaise bien montée

A vos pieds : des bateaux, des espasoules

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