N’ayez pas honte de visiter le Derrière !

Même les plus prudes d’entre vous n’auront pourtant aucun mal à payer pour pénétrer dans cette maison pas si close de la rue des Gravilliers.

 Bien loin de l’Abbaye de Cluny, cet hôtel particulier arty-che accueille des processions de bobos bavards en capuche “fruit of the loom” et des beautés occidentales venant y traîner leurs savates et se remplir la panse sans bénédiction de parade. Le revers de la médaille ? Les mains jointes pour avoir une table.

La décoration de ce grand appartement oscille entre brocante de province, maison de campagne récup et intérieur travaillé d’un loft du 91 meublé chez Saturne. Au rez-de-chaussée, une grande salle à manger façon table d’hôtes Tolix encadre une table de ping-pong qui vous permettra de reprendre la balle au bond à défaut de la conversation. Montez ensuite l’escalier. Les carreaux en ciment vous mèneront au salon et à la chambre où vous pourrez pour une fois, vous coucher tout habillé(e) sans pour autant dormir le derrière dans l’eau. Longez ensuite les fenêtres jusqu’à l’armoire magique. Avec culot, poussez la porte. Derrière le miroir se cache le fumoir le mieux gardé de Paris. Grillez en une entre deux parties de baby-foot, et, sous le regard torve des animaux empaillés, repensez à votre dîner.

La carte présente les plats comme des entrées de dictionnaire. Carotte : n.f. (lat. carotta, du gr.) servie noire râpée à la coriandre fraîche ; Jambon de cochon : n.m. mammifère domestique (famille des suidés), fermier cuit rôti à la broche ; Pavé de cabillaud : n.m. (néerl. kabejlau) au thym et huile d’olive… Des articles d’encyclopédie fidèles qui ne rebuteraient pas Erik O et ses compères de la Coupole. Bref, au garde-manger, un joli choix de derrière les fagots en plusieurs pages servi dans des assiettes Limoges dépareillées qui vous encourageront pour votre prochain dîner, à remiser la ménagère 32 pièces dans le buffet. A la carte des vins, quelques ballons, du Moulin à vent et des doubles blanc, un bon échantillon proposé par un service personnel et attentif. L’addition ne vous mettra même pas sur les fesses. Il faudra donc trouver autre chose.

Le Derrière est définitivement un bon endroit pour la danse du client. Et on y reviendra. Sans honte.

: 69, rue des Gravilliers, 75003 Paris, + 33 1 44 61 91 95 –
Quand : le dimanche soir, le samedi midi, hiver comme été
Avec qui : votre cadet, votre canon, votre comète
A vos pieds : des back-wheels, des converses, des boots camel
Dans votre Ipod : Derrière mes solaires, Thomas Marfisi

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